Article Ouest France 15 avril 2019

Ça y est, la société Locogen a eu le dernier feu vert. Elle devrait construire une centrale solaire sur des zones d’enfouissement de déchets, à Saint-Fraimbault-de-Prières. Un deuxième projet pourrait voir le jour.

« On ne construit pas une centrale photovoltaïque comme ça » , lance Hubert Moll. Le maire de Saint-Fraimbault-de-Prières en sait quelque chose.

Depuis plusieurs années, on parle de l’installation de panneaux dans sa commune du Nord Mayenne. « Nous avons un centre d’enfouissement de déchets non dangereux. Il fait l’objet d’une cessation d’activité, d’ici 2021, et d’un suivi de réhabilitation. On s’est donc demandé comment nous pouvions aider à revaloriser ce site. » En 2010, un moteur avait déjà été installé par le propriétaire, Suez Rv Normandie, pour valoriser la totalité du biogaz produit. La démarche était novatrice. Il s’agissait, après Changé, de la deuxième installation de ce type dans le département.

« L’idée était d’aller encore plus loin », poursuit Hubert Moll. En « facilitateur », la mairie a soutenu, avec Mayenne communauté, un projet de centrale photovoltaïque porté par Locogen. « C’est important de participer à l’effort collectif en faveur du développement des énergies renouvelables.
C’est aussi une réutilisation intelligente des sols. »

En effet, dans le cas présent, « les parcelles ne peuvent être rendues à l’agriculture. La Chambre a d’ailleurs donné un avis favorable au projet. » Comme toutes les instances consultées. Pendant l’enquête publique, dont les conclusions ont été rendues en octobre, aucune opposition n’a été exprimée. L’impact sur lemilieu naturel est faible. Tout comme la gêne. « Les haies seront intensifiées pour rendre les panneaux invisibles aux conducteurs depuis la route nationale. »

Le dossier, en préparation depuis 2016, vient d’avoir le dernier feu vert. « Nous avons été retenus dans le cadre de l’appel d’offres du gouvernement », confirme Arnaud Vallée, responsable du projet et de développement chez Locogen. La société prévoit de louer 13 hectares à Suez Rv Normandie pour  installer 15 000 panneaux. « Cela permettrait de produire chaque année environ 5MWh. Ce qui couvrirait la consommation de 2 000 foyers, hors chauffage électrique. » Le montant de l’investissement est estimé à environ 4 millions. « Nous travaillons sur le plan de financement. » Le chantier devrait  démarrer fin 2019, pour une mise en circulation mi 2020. Des retombées économiques et fiscales sont attendues. Pendant les travaux, « j’ai demandé qu’on joue local, notamment pour l’achat des matériaux », précise Hubert Moll. « En phase d’exploitation, des emplois locaux seront générés, ajoute Arnaud Vallée. Liés à la maintenance, à l’entretien, au gardiennage, aux suivis environnementaux… »

Hubert Moll, maire depuis 1984, ne cache pas sa satisfaction de voir ce dossier aboutir. « Je termine mon mandat et je rentre chez moi, dans le Sud », sourit-il. Une seconde centrale solaire pourrait voir le jour dans une ancienne carrière Baglione. Des panneaux pourraient prendre place au-dessus de certaines alvéoles asséchées. « Des discussions sont en cours. » En juillet, une installation de stockage de déchets inertes devrait être inaugurée sur une autre partie de ces parcelles, qui ne sont plus exploitées. La dynamique est lancée.